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Sculpture monumentale

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Devant la pierre ou le bois pierre se présente la matière, informe, inhabitée ; il n’y a rien, il y a tout et entre les deux, ma fragilité et mes doutes.Je n’ai pas forcément une idée très précise de ce que je vais réaliser, mais j’ai en moi l’idée de la démarche et la conviction que le travail est fécond.
Oui, c’est le travail qui me guide, pendant la confrontation à la matière je guette la surprise, la possibilité d’inscrire la trace d’une présence humaine, d’une émotion, d’un désir.
Je crois que le désordre m’inspire, il est proche de mes pensées et la nécessité de mettre quelques idées en place se traduit dans la sculpture. Elle est en quelque sorte le résultat d’une organisation et peut-être donc d’une forme d’intelligence…
Pourtant, je sens le désir de vie germer dans les pulsions, dans le chaos ; je propose une mise en forme, une organisation qui dit la vie, qui la reconnaît, la met à jour…
C’est difficile de dire l’imperceptible émoi de la vie qui se sauve, qui passe si vite dans l’immensité du monde…
Souvent je n’y parviens pas et la mort se rapproche…

Alors je travaille encore et ce dérisoire labeur m’aide à vivre, je souhaite qu’il aide la vie à se montrer, dans ce qu’elle a d’inédit, d’enfouit, de sublime… A se montrer dans une forme, dans un signe, dans une image de la vie, là où elle n’est pas mais où on peut l’apercevoir. Ces instants d’un présent qui dure et qui se renouvelle à chaque regard que vous portez sur la sculpture, j’ai le plaisir de le partager avec vous, spectateurs inconnus, vous à qui la vie sourit parfois à la surface d’une pierre, d’un miroir de mon être.

L’art défie quelques fois l’improbabilité des rencontres, des partages au-delà de l’ici et maintenant.
Ces quelques lignes peut-être aussi, merci de les avoir lues.